Historique

Un premier groupement d'artistes est créé à Grenoble en novembre 1657, l'Académie de peinture de Grenoble. Les Dauphinois sont très attachés à l'art pictural ; les cours de dessin ou de peinture sont très suivis, même avant la Révolution (la photo n'existant pas, les arts plastiques et graphiques étaient les seuls moyens de représenter le monde). En 1798, les Grenoblois parviennent à lancer un musée, le premier hors de Paris.

[Sous la Révolution, les sociétés savantes sont dissoutes : la République n'a pas besoin de savants ! Ni Bonaparte, ni les Bourbons ne faciliteront leur résurgence. Certaines cependant renaissent de manière plus ou moins clandestine dès le Directoire, comme, à Grenoble, la Société des sciences et des arts, qui d'ailleurs a été présidée par d'illustres personnages comme Gagnon, Berriat, D. Villars, Fourier, JJ. Champollion, .... Ces sociétés ne retrouveront leur vitalité que sous la monarchie de Juillet ; par exemple, l'Académie delphinale, fondée en 1772, ne réapparaît sous ce nom qu'en 1836.] (Ndlr)

En 1832, les artistes isérois s'unissent en une société des amis des arts, la première de France (le roi Louis-Philippe en sera adhérent !). Immédiatement, un salon est organisé dans les locaux du musée périodiquement (à peu près tous les trois ans) ; il rencontrera toujours un vif succès. En 1850, la Sadag décerne pour la première fois des médailles aux meilleurs concurrents. Lesquels concurrents viennent de toute la région, y compris de Lyon, puis de beaucoup plus loin, de Paris, quand le rail arrivera à Grenoble (1859).
Parmi les exposants, on relève des noms d'artistes dont les rues et les places de nos villes ont gardé le souvenir : J. Achard, E. d'Apvril, E. Faure, D. Rahoult, A. Irvoy, V. Sappey ... mais également des noms très célèbres, comme Corot, Courbet, Meissonier, Hébert, Fantin-Latour, Jongkind, Monnet, Pissaro, Moreau, Rousseau et les sculpteurs Doré et Rodin. En 1890 par exemple, 513 numéros (pièces ?) sont présentés et, en 1909, il y en aura 1022 (dont des œuvres de Calès, Flandrin, Hareux, Guiguet...).


L'ancien musée-bibliothèque, place de Verdun
En 1913, une première cabale s'instaure, menée par Flandrin : anciens contre modernes, tâcherons de l'huile contre artistes, les vrais.... Les querelles artistiques vont se propager jusqu'aux politiques qui vont chicaner leurs faveurs (déjà !) ; le salon de Grenoble et la Sadag ont mangé leur pain blanc : ni l'un, ni l'autre ne retrouveront leur lustre d'antan, le salon ne se tient plus au musée, il erre de salle en salle et la société voit se raréfier les subventions officielles.

Ces lignes s'inspirent librement du discours prononcé par Maurice Wantellet lors de sa réception à l'Académie delphinale en 1991. L'orateur rend ensuite hommage à la Sadag qui refuse de procéder à la sélection des œuvres exposées* et il termine ainsi :

La Sadag se veut ouverte à toute sensibilité pourvu qu'elle soit sincère. C'est le seul salon où l'on puisse voir tous les courants actuels. Gageons qu'elle a de l'avenir devant elle.

[En 1901, la Sadag avait adopté le statut légal des associations à but non lucratif, puis avait été reconnue d'utilité publique.]


Maurice Wantellet,
croqué par Jean Brian
* En tout cas, jusqu'en 2014, année où une sélection est instituée [Ndlr].
Pour plus d'informations, se reporter aux Bulletins de l'Académie delphinale, 1991, ou à l'ouvrage d'art autoédité,
Deux cents ans de peinture dauphinoise, 2e éd., par Maurice Wantellet.

Réf= 33947    (1-5-10)   Suite